Concertation sur l’A147 : FRANCOM joue la complémentarité

Concertation sur l’A147 : FRANCOM joue la complémentarité


FRANCOM a accompagné la DREAL Nouvelle-Aquitaine au début de l’année 2022 dans la phase opérationnelle de concertation préalable (au titre de l’article L.121-9 du Code de l’environnement) sur le projet d’autoroute Poitiers-Limoges (A147).
La réalisation d’un axe à 2×2 voies entre les deux ex-capitales régionales est attendue depuis plus de 50 ans. Pour beaucoup d’acteurs locaux, elle pourrait conditionner les perspectives de développement de la Vienne et de la Haute-Vienne.
Sur 110 km, un tel projet concerne tous les acteurs de la société : usagers de la route ou du train, riverains, élus, professionnels de la route, agriculteurs, chambres consulaires, associations, étudiants… Pour FRANCOM, la diversité des cibles devait se retrouver dans la diversité des formats proposés.
Débattre de l’opportunité sans oublier les sujets plus précis

La question centrale de la concertation portait sur l’opportunité d’une autoroute (A147) pour améliorer la liaison entre Poitiers et Limoges. Naturellement, la question des alternatives s’est posée. Mais la concertation devait aussi aller plus loin en traitant déjà de sujets spécifiques : consommation de terres agricoles, projet de territoire ou encore desserte ferroviaire.

Pour alterner le débat général et les sujets plus précis, le dispositif proposait six formats de type « réunions publiques » et cinq ateliers de travail thématiques.

Recueillir… puis répondre

« Vous avez la parole ! » Pendant le premier mois de la concertation, cette phrase pouvait s’entendre très tôt dans les réunions. En effet, en accord avec les garants, les présentations du maître d’ouvrage étaient réduites à l’essentiel pour laisser le plus de place possible aux avis et aux questions du public.

Dans la deuxième moitié de la concertation, l’État s’est appliqué à répondre à ces interrogations souvent précises. Pour cela, plusieurs experts ont été mobilisés à l’occasion de deux « réunions de partage ». Le temps de parole du maître d’ouvrage y était alors plus important et se justifiait par la nécessité de ne laisser aucun sujet en suspens. Une approche comprise et appréciée du public qui a pu constater un aspect essentiel des processus de participation : le maître d’ouvrage ne peut pas répondre à chaud à toutes les questions, mais il doit tenir son engagement d’y répondre dans le temps de la concertation. Cela vaut aussi pour les contributions en ligne, dont le nombre approche les 2 500.

Aller à la rencontre de tous les publics de la future A147

C’était un autre enjeu majeur de la concertation : comment s’approcher de la représentativité ? En effet, les réunions publiques peuvent induire un biais, en mobilisant certains publics plus que d’autres. La réponse apportée tenait en plusieurs points :

  • Mailler le territoire. Les 11 réunions ont eu lieu dans toutes les intercommunalités traversées, y compris dans des communes rurales. Seules deux réunions (dans les universités) se sont tenues à Poitiers et Limoges. Les deux grandes assemblées d’ouverture et de clôture ont eu lieu dans la « zone centrale » du projet, à Montmorillon et Peyrat-de-Bellac.
  • Proposer une participation en ligne. Le site Internet de la concertation a tenu une place importante. En complément, les quatre principales réunions ont eu lieu selon un format hybride : elles se tenaient en public et étaient simultanément retransmises via l’application Zoom et sur Youtube, pour que les personnes dans l’impossibilité de se déplacer jusqu’aux lieux de réunion puissent participer à la concertation dans les mêmes termes
  • Aller vers les publics. Pour capter l’opinion des publics éloignés de la concertation, cinq débats mobiles ont été organisés. Dans un restaurant routier au contact des usagers et professionnels de la route. Dans les deux universités au plus près des étudiants. Dans une gare pour parler aux usagers du train. Et enfin sur un marché pour s’adresser à tous les citoyens. Le dispositif de concertation a permis de recueillir 200 avis spontanés émanant de personnes peu susceptibles de participer à la concertation.
Des tribunes ouvertes au territoire

Autre fil conducteur de cette concertation, la volonté de ne pas la résumer à un face-à-face entre l’État et le public. Pour cela, les six grandes réunions ont consacré un temps important à l’expression d’acteurs et d’experts locaux « à la tribune ». Ces expressions pouvaient prendre la forme de débats en tables rondes ou d’exposés détaillés.

L’information neutre de l’État et de ses bureaux d’étude était ainsi complétée par les points de vue plus subjectifs des acteurs locaux, afin de permettre aux participants de forger leur opinion.